Techniques

Joint congéJoint congé

Qu’est-ce qu’un joint congé?

Le joint congé est consti­tué d’une résine époxy addi­tion­née de charges, appli­quée dans l’angle formé par les pièces à assembler.

Cette méthode de liai­son est idéale pour les assem­blages non-orthogonaux, mais elle per­met aussi de faire tra­vailler d’éventuelles fibres de ren­fort de manière plus opti­male. En effet, il n’est jamais bon de plier des fibres à angle droit, leur résis­tance à l’effort est très diminuée.

Cette tech­nique per­met aussi un gain de temps impor­tant, car la construc­tion est sim­pli­fiée du fait de l’absence d’ajustages com­plexes ; la mise en oeuvre est simple, et ne néces­site qu’un très court apprentissage ;

Bien fait, un joint congé est géné­ra­le­ment plus résis­tant que les pièces elles-mêmes.

Le prin­cipe d’un joint congé consiste à com­bler un angle droit pour l’arrondir et per­mettre ainsi à la foir un ren­fort et une meilleure mise en forme des fibres.

Le joint congé peut être struc­tu­rel ou non-structurel, sui­vant les charges utilisées.

  • Les micro­fibres (fibres hâchées menu mélan­gées  à la résine) per­mettent d’obtenir des joints à haute téna­cité et den­sité élevée, géné­ra­le­ment uti­li­sées dans des appli­ca­tions structurelles.
  • Les micro­sphères (ou micro­bal­lon) aug­mentent le volume du mélange et per­mettent d’obtenir des joints congés de grand rayon pour le même poids, mais ne peuvent être uti­li­sée dans des endroits for­te­ment sol­li­ci­tés que recou­vert d’une stratification.

La silice col­loï­dale est un agent thixo­tro­pique puis­sant, c’est à dire qu’elle aug­mente la vis­co­sité du mélange de manière impor­tante, per­met­tant de réa­li­ser des joints congés sur des cloi­sons ou à l’envers sans qu’ils ne coulent. On peut aussi uti­li­ser du micro­bal­lon, ou même des charges écono­miques comme le talc ou la farine du moment que le joint est ensuite recou­vert d’une stra­ti­fi­ca­tion de ren­fort. A l’extrême, lorsque le poids de l’assemblage est impor­tant, un simple angle de 5 mm en poly­sty­rène ou en Depron collé en même temps que la cloi­son, et recou­vert de fibres est d’une excel­lente tenue, mais peu adapté aux liai­sons très courbes.

Les com­po­sants sont mélan­gés jusqu’à l’obtention de la consis­tance sou­haité. En géné­ral, une consis­tance sem­blable à celle du beurre de caca­huète semble idéale.

Mise en œuvre

Les pièces à assem­bler sont ajus­tées et immo­bi­li­sées pro­vi­soi­re­ment dans leurs posi­tions res­pec­tives par divers moyens : pis­to­let à colle chaude, clous, agrafes, epoxy rapide, serres-joints, cales, serres-cables en plas­tique, fil de cuivre, et sans doute d’autres, uni­que­ment limi­tés par vos besoins et votre imagination.

Il est recom­mandé d’utiliser du ruban adhé­sif de mas­quage pour déli­mi­ter la zone du joint congé : une bonne fini­tion sera ainsi plus facile à obte­nir. Comme pour n’importe quel col­lage, il est impor­tant de s’assurer que les sur­faces soit propres, dépous­sié­rées et sans graisse. Appli­quer rapi­de­ment le mélange sur la lon­gueur du joint congé, sans se sou­cier de réa­li­ser quelque chose de parfait.

On peut alors mettre le joint congé en forme à l’aide d’un outil adapté : une spa­tule en bois ou mieux en plas­tique rigide (la résine poly­mé­ri­sée s’en détache faci­le­ment) dont une extré­mité aura été arron­die au rayon choisi. Pour ma part, je me suis offert des petites raclettes en sili­cone jaune ache­tée chez Casto conçues pour lis­ser les joints sili­cones de salle de bain, c’est par­fait car maniable, effi­cace et facile à net­toyer.  Si vous n’avez pas mis d’adhésif de pro­tec­tion, vous devrez récu­pé­rer l’excès de mélange qui se dépose sur les côtés du congé. Le rayon du joint congé peut être modi­fié en incli­nant la spa­tule, ce qui peut être utile lorsque l’angle d’assemblage varie.

Pour accroître la téna­cité du joint, celui est géné­ra­le­ment ren­forcé d’une stra­ti­fi­ca­tion de fibre de verre, de car­bone (plus rigide) ou de Kev­lar (pour des assem­blages très sol­li­ci­tés). Il est bien plus pra­tique et effi­cace d’effectuer celle ci alors que le joint congé n’est pas encore poly­mé­risé et devient “pégueux” (pois­seux). Cela per­met d’une part d’appliquer faci­le­ment la fibre de verre sur des sur­faces ver­ti­cales ou à l’envers, et d’autre part la liai­son de la fibre de verre sur le joint congé est chi­mique, alors qu’elle ne serait que méca­nique après la poly­mé­ri­sa­tion. Si tou­te­fois il n’est pas pos­sible de réa­li­ser la stra­ti­fi­ca­tion à temps, on devra pon­cer pour le dépo­lir, puis dépous­sié­rer le joint congé avant de le stratifier.

Exemples de joints congés dans un bateau (emprunt au site http://voilesvertes.e-monsite.com/blog,joint-conges,179685.html)

Remer­cie­ments: cet article a été lar­ge­ment dérivé de cet excellent article du site http://www.marinetechs.com

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