Techniques

Anodisation de pièces en aluminium

L’anodisation est un pro­cédé qui consiste à oxy­der un alliage d’aluminium pour le recou­vrir d’alumine en couche épaisse. Cette couche d’alumine dur­cit l’aluminium en sur­face et peut se colorer.

Maté­riel :

  • un réci­pient non métallique
  • de l’acide sul­fu­rique (se vend en grande sur­face ou au maga­sin de bricolage)
  • une mine de gra­phite de “Criterium”
  • 2 pinces “crocodile”
  • des cosses de batterie
  • une bat­te­rie de voiture
  • du fil élec­trique souple (1 mm² )
  • de l’encre scolaire
  • du scotch
  • de la toile émeri fine (grains 600 environ)

Aver­tis­se­ment de sécurité

Cette tech­nique requiert l’usage d’acide sul­fu­rique, qui est très dan­ge­reux. En par­ti­cu­lier, faire atten­tion aux écla­bous­sures, qui peuvent résul­ter de mani­pu­la­tion trop rapides ou de réac­tions avec cer­tains com­po­sants. Tra­vaillez seul, en tout cas dans un envi­ron­ne­ment calme et rangé, et tenez les enfants à l’écart, d’autant que leur peite taille mais leur figure à la hau­teur des récipients.

Le port de gants est OBLIGATOIRE et le port de lunettes de sécu­rité FORTEMENT RECOMMANDE.

Rete­nez cette règle: on verse tou­jours l’acide dans l’eau, et non l’inverse.

Méthode

Rem­plir le réci­pient d’eau puis ajou­ter dou­ce­ment l’acide, en fonc­tion de la conte­nance de celui-ci. Pour un bol d’eau, comp­tez 3 ou 4 cuillères à soupe d’acide.

Bien pré­pa­rer la pièce en alu, en la pon­çant fine­ment, en la dégrais­sant, au besoins par un bain d’acide pur si cer­tains endroits sont dif­fi­ciles d’accès.

Câbler les pinces “cro­co­dile” sur les pôles de la bat­te­rie via les fils.

Relier le pôle — à la mine gra­phite, plon­ger la mine dans la solu­tion d’acide, sans y plon­ger la pince pour ne pas qu’elle soit atta­quée par l’acide.

Relier la pièce en alu au pôle + . La plon­ger dans la solu­tion d’acide sans tou­cher la mine pour ne pas faire court-circuit.

Dérou­le­ment

L’électrolyse, car c’en est une, pro­voque un léger déga­ge­ment gazeux, qui doit res­ter calme. Il peut donc être inté­res­sant de réduire la ten­sion, par exemple en ajou­tant un varia­teur ou une résis­tance. Mais à 12 volts, il ne devrait pas y avoir de pro­blèmes. Une fine cou­ver­ture de bulles col­lées à la mine de gra­phite indique un cou­rant cor­rect. Ceux qui ont un ampe­re­mètre pour­ront veri­fier : entre 20 et 100mA par cm² d’alu à trai­ter. La concen­tra­tion en acide joue, mais on peut aller jusqu’à 1/3 d’acide.

Lais­ser agir entre 15 et 45 minutes.

Sor­tir de la solu­tion, rin­cer la pièce à l’eau claire.

Résul­tat

La pièce pré­sente une dif­fé­rence de bri­lannce aux endroits en contact avec l’électrolyte. C’est la couche d’alumine qui s’est dépo­sée. Au assage, votre pièce à quelque peu “maigri”.

Vous pou­vez veri­fier la dif­fé­rence de dureté de sur­face en fai­sant glis­ser un lame de scie à metaux sur la pièce, côté traité et côté non traité.

Option: la coloration

Atten­tion: si vous sou­hai­tez colo­rer la pièce, ne tou­chez pas la par­tie ano­di­sée avant la colo­ra­tion, sous peine de faire des marques.

Vider plu­sieurs car­touches d’encre de la cou­leur choi­sie dans un réci­pient pou­vant aller au feu, sans le rem­plir jusqu’en haut. La par­tie trai­tée de l’alu absorbe l’encre car elle est deve­nue poreuse, alors que la par­tie non trai­tée la laisse glisser.

Pla­cez le réci­pient en remuant un peu, lais­sez fré­mir 5 minutes. Sor­tir la piece sans se brû­ler et rin­cer la pièce, et la piece reste colorée !

Expli­ca­tions

Chi­mi­que­ment que s’est il passé ? Pen­dant la phase d’électrolyse la sur­face de la pièce s’est oxy­dée et a formé des cris­taux d’alumine. Ces cris­taux res­semblent à du nid d’abeille, ce qui  rend poreuse la sur­face. Ce sont ces alvéoles qui absorbent la tein­ture. La phase d’ébullition dite de « col­ma­tage » referme ces alvéoles, la tein­ture res­tant pié­gée dedans.

La couche d’alumine dur­cit la pièce en sur­face, même si elle n’améliore pas nota­ble­ment la pro­tec­tion contre la cor­ro­sion, du fait que l’aluminium a la capa­cié de se recou­vrir ins­tan­ta­né­ment d’une fine couche d’alumine dès son contact avec l’air. En ano­di­sant la pièce, on oblige cette couche d’alumine à deve­nir plus épaisse.

Si l’on veut re-anodiser une piece en alu déjà ano­di­sée (ou oxy­dée) il fau­dra enle­ver la pré­cé­dente couche en la ponçant.

Par la suite, on peut aller plus loin. Enrou­ler une bande de scotch autours du tube avant élec­tro­lyse per­met d’obtenir une une limite nette. On peut ainsi colo­rer une même pièce avec des cou­leurs dif­fé­rentes ou faire des masques avec des auto­col­lants de formes variées (let­trage, par exemple).

C’est beau, c’est pro, et c’est indélébile.

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