Conception

Hélice monopaleHélice monopale

Un des pro­blèmes qui se pose lorsque l’on trans­porte un MK est son encom­bre­ment. On ima­gine donc aisé­ment que je me penche sur le démon­tage ou le pliage du châssis.

Oui, mais voilà, les hélices res­tent très fra­giles, et encom­brantes. Faire dépas­ser le bras pour pro­té­ger la pale de l’hélice débor­dante est une idée, mais elle a ses limtes: elle allonge le bras de levier, ce qui en cas de choc accen­tue les risques de casse du bras, elle ajoute du poids supl­lé­men­taire en bout de bras, ce qui n’est pas une très bonne idée pour aider le MK dans ses évolu­tions (moment d’inertie aug­menté) et aug­mente l’encombrement.

Alors j’ai eu une autre idée. Tout d’abord, regar­dons cette vidéo:

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Vous avez com­pris, l’idée est d’essayer de mettre des hélices mono­pales. Pourquoi?

La pre­mière rai­son est liée à un encom­bre­ment deux fois moindre, pas en rota­tion, bien sûr (le châs­sis doit faire la même dimen­sion pour éviter que les pales se touchent, voire plus grand), mais à l’arrêt. En effet, il suf­fit de pla­cer la pale le long du bras pour réduire l’encombrement glo­bal du fait de l’absence de la pale oppo­sée. Seul le contre­poids indis­pen­sable se retrou­vera à l’extrémité du bras, mais il est moins fra­gile qu’une pale longue et effilée.

Acces­soi­re­ment, l’hélice mono­pale ne sacri­fie pas les per­for­mances, au contraire. En effet, une pale d’hélice dévie l’air aspiré et l’enroule selon un héli­coïde autour de son axe. Quand il y a plu­sieurs pales, chaque pale arrive dans le sillage de la pré­cé­dente, ce qui per­turbe son fonc­tion­ne­ment et réduit son ren­de­ment. En pra­tique, une hélice bipale a un ren­de­ment de l’ordre de 70% en géné­ral, une hélice mono­pale peut bras­ser une enver­gure de 25% supé­rieure. Elle le doit, même, car évidem­ment, il n’y a plus qu’une pale au lieu de deux. C’est donc fort logi­que­ment que le disque par­couru par l’hélice doit offrir à peu près deux fois plus de sur­face, soit un rayon de 1,4 fois le rayon d’une bipale. Il suf­fit de com­pa­rer les consom­ma­tions élec­triques pour consta­ter que ce n’est pas tout à fait vrai, mais qu’il faut au moins mul­ti­plier par 1,25 le rayon d’une bipale pour pas­ser à la mono­pale, après, tout dépend du pro­fil de la pale et de son ren­de­ment propre.

On perd donc en encom­bre­ment en rota­tion, mais on regagne celui-ci à l’arrêt, et on aug­mente le ren­de­ment de la pro­pul­sion. Pour éviter le balourd, il faut bien évidem­ment un contre­poids, qui doit per­tur­ber le moins pos­sible le flux d’air. Mais l’hélice mono­pale, une fois équi­li­brée, vibre aussi peu qu’une hélice bipale, ou com­por­tant encore plus de pales. Ce sys­tème a été uti­lisé sur les avions de vitesse avec des hélices tour­nant à 30.000 t/mn, c’est dire que le sys­tème est opérationnel.

Alors pour­quoi ne pas le géné­ra­li­ser? Il y a d’abord un pro­blème esthé­tique: c’est moche, c’est évident, et en plus d’être moche, ça a un côté inquié­tant, on a vrai­ment l’impression que ça ne tourne pas rond. Si le contre­poids est mal fixé, il vaut mieux ne pas être sur sa tra­jec­toire lorsqu’il par­tira… Une autre rai­son, plus tech­nique, est que l’on a vu qu’une mono­pale doit être plus grande. Or, en aug­men­tant le dia­mètre d’une hélice, on aug­mente aussi la vitesse en bout de pale pour un même régime. Le dan­ger, c’est d’atteindre le mur du son (330 m/s, ça n’a rien d’inaccessible), et de perdre tout effi­ca­cité bru­ta­le­ment, voire peut-être de cas­ser l’hélice. Dans les tailles que nous employons, le dan­ger est faible, mais sur un vrai avion qui peut avoir une hélice de plus de 5 m de dia­mètre, le risque est évident. Et il y a aussi bien sûr le pro­blème de la hau­teur du train d’atterrissage. C’est d’ailleurs pour cela, et pas pour aug­men­ter le ren­de­ment, au contraire, que l’on a vu naitre les tri­pales, les qua­dri­pales, etc. C’était la seule façon de bras­ser suf­fi­sam­ment d’air avec un moteur puis­sant sans obte­nir des hélices mons­trueuses. Mais le ren­de­ment s’en ressent.

Fabri­ca­tion

On ne trouve pas d’hélices mono­pales sur le mar­ché, en tout cas, je n’en ai pas vu. La seule façon est de la fabri­quer à par­tir d’une bipale dont on tron­çonne une des pales, en lais­sant un moi­gnon sur lequel sera fixé le contre­poids, qui devra impé­ra­ti­ve­ment être le plus dense pos­sible pour être de petite taille et ne pas per­tur­ber le flux d’air, et être réglable pour équi­li­brer fine­ment l’hélice. C’est d’autant plus néces­saire qu’il faut res­ter conscient qu’on obtient une hélice asy­mé­trique, dont la poussé ne se fait que d’un seul côté: les rou­le­ment sont déjà sol­li­ci­tés par ce côté un peu excen­trique, il est inutile d’ajouter en plus des vibra­tions dues à un balourd.

Une solu­tion que j’envisage est de fixer une sorte de cava­lier en clin­quant ou en alu qui pince le moyen de l’hélice et est enfilé en même temps qu’elle sur l’axe de l’hélice et serré par l’écrou de fixa­tion de l’hélice. Sur ce clin­quant, une tige file­tée et un écrou Nyl­stop qui sert de contre­poids, et dont le poids appa­rent en rota­tion est réglé par vissage-dévissage. Une autre solu­tion est d’épaissir le moi­gnon à l’aide résine, puis de reper­cer pour y fixer une tige file­tée et un écrou d’équilibrage, mais ça me parait plus com­pli­qué. On va réflé­chir à la question!

Ça tombe bien, j’ai une hélice ébré­chée, elle ser­vira à vali­der le principe.

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