Je viens de faire une petite expérience, nécessitant une grande abnégation car il a fallu que je me mette dans ma piscine (31°).
Il s’agissait d’essayer de visualiser les turbulences créées par un tube placé dans le flux d’un fluide. Pas évident de voir ce qui se passe dans l’air d’une hélice, en tout cas, je n’ai pas ce qu’il faut pour ça. J’ai donc utilisé l’eau de ma piscine.
Protocole de l’expérience
- mise en rotation de l’eau par un déplacement de mon corps de rêve dans ma piscine circulaire
- positionnement vertical du tube circulaire dans le flux généré: photographie des turbulences
- positionnement vertical d’un tube de même diamètre profilé par un coin de PVC: photographie des turbulences
- comparaison des images après traitement de celles-ci pour faire ressortir les turbulences (assombrissement, augmentation de contraste et accentuation)
Observations
Au final, il n’est pas très facile de visualiser les choses, mais il semble ressortir les faits suivants:

Vortex généré par un tube rond. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences
1– pour le tube circulaire
- le tube circulaire génère des turbulences plus marquées et de plus grande surface;
- la différence de niveau de l’eau devant et derrière le tube est plus élevée et semble montrer une forte dépression à l’arrière du tube et/ou une surpression devant le tube;
- le tube à tendance à s’agiter dans le courant de manière saccadée et rapide, comme si on le secouait, ce qui pourrait provoquer des vibrations et crée sûrement des perturbations sur les accéléromètres du MK.

Vortex généré par un tube profilé. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences.
2– pour le tube profilé
- les turbulences sont plus discrètes et plus “harmonieuses”, expression peu scientifique, mais assez claire, je pense. On constate des mouvements mais qui paraissent moins s’éloigner de la direction générale du courant, et ces moindres dérivations révèlent sans doute une moindre trainée, donc une moindre absorption du souffle de l’hélice;
- la différence de niveau de l’eau entre l’avant et l’arrière du tube est plus faible. Il faut plus de vitesse qu’avec un tube rond de m^me surface frontale pour aboutir à la même dépression à l’arrière;
- l’orientation du profil est cruciale: la moindre rotation entraine des mouvements amples qui dévient le tube avec force. C’est logique, le tube profilé a la forme d’un safran de gouvernail et se comporte de la même manière.
Analyse globale
- un tube circulaire n’est pas optimum en terme d’écoulement mais il est homogène dans les turbulences qu’il crée quelque soit la direction du courant
- un tube profilé exige d’être placé de la manière la plus aérodynamique pour être plus performant qu’un tube rond. En dehors de cette position optimale, il induit des efforts de poussée latérale très importants
- une hélice génère un flux d’air qui n’est pas axial. Le souffle a globalement la forme que prend un liquide que l’on fait tourner dans une bouteille que l’on tient à l’envers, à savoir qu’il s’enroule sur lui-même et se resserre (le diamètre du souffle est plus petit que le diamètre de l’hélice dès qu’il s’éloigne de quelques centimètres de l’hélice, ce n’est pas moi qui le dit, c’est M. Bernouilly). c’est d’ailleurs pour cela que le vent derrière l’hélice est plus fort que devant l’hélice, car il y a une sorte de cône de Venturi qui se crée.
Conclusions
- le souffle de l’hélice s’exerce sur une surface réduite, plus réduite que le diamètre de l’hélice et frappe donc une longueur du bras inférieure à celle du rayon de l’hélice;
- la force avec laquelle le vent de l’hélice appuie sur le bras est plus forte derrière l’hélice que devant, du fait de cette réduction de diamètre de poussée;
- il ressort de cela que l’accroissement de la vitesse nécessite de se pencher sur l’aérodynamisme des bras, car la résistance s’applique au prorata du carré de la vitesse;
- la poussée s’exerce sur le levier que représente le bras. Ce levier va exercer une force contraire à la poussée de l’hélice sur l’air, ce qui revient à dire que plus le bras absorbera du vent de l’hélice, plus il annulera son effet. Cet effet n’est pas seulement lié au diamètre d tube, mais aussi à sa forme (aérodynamisme variable suivant celle-ci);
- les turbulences créées par une forme inadaptée vont répercuter des mouvements parasites plus ou moins saccadés et probablement mettre en vibration des tubes trop fins. Il n’est donc pas sûr que même avec des hélices bien équilibrées ont évite des vibrations purement aérodynamiques;
- le souffle de l’hélice s’enroule en hélicoïde, ce qui signifie qu’il n’appuie par de manière axiale sur le bras. Ceci rend difficile le positionnement du profil qui risque de se trouver mal orienté s’il est simplement orienté de manière parallèle à l’axe de l’hélice. Il devrait se trouvé orienté de manière axiale au flux du vent de l’hélice, ce qui est assez délicat à déterminer. le plus simple reste de le laisser libre de tourner pour se mettre dans le flux, en espérant qu’il ne se mette pas en vibration.
Application pratique
Il parait donc plus simple de placer les bras devant l’hélice (au dessus de celle-ci sur un MK), car le souffle étant moins rapide, les effet aérodynamiques sont moins critiques (diminution avec la racine carrée de la vitesse, c’est donc très “rentable”).
Il parait également intéressant d’éloigner le bras de l’hélice, mais cela entraine plus d’efforts en torsion: une augmentation du diamètre du bras parait judicieuse, d’autant qu’elle pose moins de problème devant l’hélice que derrière, et qu’elle permet de limiter les oscillations dues aux turbulences. A noter que le doublement du diamètre d’un tube multiplie son poids par 2, mais sa résistance à la flexion par 4 environ.
Le gain réel d’un bras profilé est à relativiser, car s’il génère moins de turbulences, c’est à condition qu’il soit très bien orienté, ce qui est difficile. Par ailleurs, un profilé est plus difficile à fixer, car il demande une fixation ajustée à son profil, par moulage, par exemple. Il complique dont la fabrication. Il est cependant envisageable s’il se limite à la seule zone à profiler utilement, ou si on imagine qu’il s’agisse d’un profil ajouté sur un tube rond et tournant asses librement (pas trop pour qu’il ne se mette pas en drapeau et batte au vent).
- Vortex généré par un tube profilé. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences.
Vortex généré par un tube profilé. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences.
- Vortex généré par un tube rond. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences
Vortex généré par un tube rond. L’image est assombrie et contrastée pour faire apparaitre les turbulences
- Turbulences du tube rond
Turbulences du tube rond
- Turbulences du tube rond
Turbulences du tube rond
- Turbulences du tube profilé
Turbulences du tube profilé
- Turbulences du tube profilé
Turbulences du tube profilé
- Turbulences du tube profilé
Turbulences du tube profilé
- Turbulences du tube profilé
Turbulences du tube profilé








