Expérimentations

Alléger une barre d'aluminiumAlléger une barre d’aluminium

L’aluminium, c’est un métal très léger, mais un peu mou. On peut donc avoir inté­rêt à prendre un échan­tillon­nage confor­table car il est plus inté­res­sant d’utiliser des tubes de grand dia­mètre que de petit dia­mètre.

Ce fai­sant, on alour­dit bien sûr inuti­le­ment sa pièce, car il n’est pas tou­jours évident de trou­ver des tubes de dif­fé­rentes épais­seurs pour un même dia­mètre. Com­ment faire pour réduire l’épaisseur des parois d’un tube?

Il faut savoir que la soude cor­rode l’aluminium, comme l’acide chlor­hy­drique. Ce der­nier est déli­cat à uti­li­ser, car lorsque la réac­tion démarre (en chauf­fant un peu l’acide), elle a ten­dance à s’emballer et ça peut être dan­ge­reux et impos­sible à contrô­ler. La soude est plus régu­lière dans son action, ce qui per­met de l’arrêter lorsque l’objectif est atteint.

EN pra­tique, vous ache­ter de la la soude liquide ven­due dans les super­mar­chés comme débou­cheur de tuyaux. C’est un liquide vis­queux assez bon mar­ché, for­mat une base forte, et donc cor­ro­sif. Atten­tion les doigts, d’autant que c’est dif­fi­cile à rin­cer. Par pré­cau­tion, ache­tez en même temps un acide faible, genre vinaigre blanc uti­lisé pour net­toyer les sols, afin de pou­voir neu­tra­li­ser la soude lors su rin­çage. Le vinaigre blanc n’est pas très cor­ro­sif, vous pou­vez vous rin­cer les mains avec si besoin est.

Pre­nez un récipent de lon­gueur adé­quate, de pré­fé­rence résis­tant cor­rec­te­ment à la cha­leur, car le liquide est sus­cep­tible de s’échauffer au cours de la réac­tion. Si vous faites ça en plein air (c’est mieux, la réac­tion dégage du chlore et de hydro­gène, le risque est cepen­dant faible de fondre le plas­tique s’il est cor­rec­te­ment refroidi. Une gout­tière en PVC plu­tôt ronde que rec­tan­gu­laire peut conve­nir, car elle a une grande sur­face d’échange. Veillez sur­tout à ce qu’elle soit étanche, et cal­lez là bien.

Pla­cez votre tube à l’intérieur de votre réci­pient, et recouvrez-le de soude de manière à ce qu’il plonge entiè­re­ment. Des bulles vont se déga­ger, comme lors d’une réac­tion calcaire/acide chlor­hy­drique. Remuez un peu de temps en temps, et sur­veillez l’épaisseur de votre tube avec un pied à coulisse.

Lors que vous avez atteint l’épaisseur sou­hai­tée, sor­tez votre tube, rin­cez le à l’eau puis au vinaigre.

Sur les pho­tos, le tube fait ini­tia­le­ment 1,3 mm d’épaisseur de parois. Après trois heures (cela dépend de la tem­pé­ra­ture, de la concen­tra­tion, sans doute aussi du type d’alliage d’aluminium employé), donc plut^to après “un cer­tain temps”, pour paro­dier Fer­nand Ray­naud, le tube ne fai­siat plus qu’un mm d’épaisseur. Il avait ainsi perdu 1/3  de son poids et de sa résis­tance, com­pen­sée nor­ma­le­ment par l’augmentation de dia­mètre per­mise par ce gain de poids.

L’aspect final du métal est fine­ment gra­nulé, c’est assez joli.

En rusant, on peut même envi­sa­ger d’avoir un tube à sur­face variable. Ima­gi­nons que je veuille un tube de 1 mm d’épaisseur, sauf aux extré­mi­tés que je veux gar­der épaisses de 2 mm pour pou­voir y vis­ser quelque chose. Il suf­fit de plon­ger vos extré­mi­tés de tube dans la résine epoxy pour les pro­té­ger de la cor­ro­sion, puis de trem­per le tout. Evi­dem­ment, il vaut mieux avoir u tube témoin pour pou­voir mesu­rer la dimi­nu­tion d’épaisseur. Vous obte­nez au bout d’un “cer­tain temps”, un tube à épais­seur variable.

Comme le méca­nisme est tout de même un peu pifo­mé­trique, en tout cas dif­fi­cile à repro­duire exac­te­ment, je vous recom­mande de faire tous vos tubes en même temps dans un même bain.

Avec ce sys­tème on peut envi­sa­ger de mou­ler de la chaus­sette car­bone sur un tube tordu. Il suf­fit une fois le a résine poly­mé­ri­sée de lais­ser trem­per le tube jusqu’à cor­ro­sion totale de l’alu, et vous obte­nez un tube pur car­bone ultra léger.

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