Etudes théoriques

Architectures possibles pour un multirotor

Le MK est une pla­te­forme très poly­va­lente, dans la mesure où elle per­met à cha­cun de construire “son” mul­ti­ro­tor, en fonc­tion de son bud­get, de ses com­pé­tences et de ses besoins.

Voici quelques exemples d’architectures pos­sibles, ser­tains sont ins­piré des sché­mas tirés du site offi­ciel, d’autres sont plus per­son­nels. J’y ai ajouté quelques commentaires.

Qua­dro­kop­ter en +

Archi­tec­ture tra­di­tion­nelle et emblé­ma­tique du Mikrokopter.

Déga­ge­ment du champ

L’hélice 1 se trouve dans le champ de prise de vue, sym­bo­lisé par l’arc de cercle.

Redon­dance

Nulle. Une panne sur un moteur entraine immé­dia­te­ment la chute du MK.

Sta­bi­lité

Bonne. La symé­trie des axes répar­tit les efforts des moteurs de manière équitable.


Qua­dro­kop­ter en X

Les deux hélices 1 et 3 sont à l’avant. C’est une simple variante du schéma de base, créé à par­tir d’une rota­tion de la carte de contrôle de 45°.

Déga­ge­ment du champ

Cor­rect. Les deux hélices avant se trouvent sur les côtés du champ.

Redon­dance

Nulle. Une panne sur un moteur entraine immé­dia­te­ment la chute du MK.

Sta­bi­lité

Bonne. La symé­trie des axes répar­tit les efforts des moteurs de manière équitable.


Hexa­kop­ter en O

Les hélices se répar­tis­se­ment de manière cir­cu­laire autour coeur.

Déga­ge­ment du champ

Mau­vais. L’hélice 1 se trouve dans le champ.

Redon­dance

Très bonne. Une panne sur un moteur est com­pen­sée par les moteurs adja­cents, et chaque moteur four­nit les mêmes efforts.

Sta­bi­lité

Très bonne. La symé­trie des axes répar­tit les efforts des moteurs de manière équi­table, et l’écart entre hélices infé­rieur à 90° (60°) amé­liore la stabilité.


Hexa­kop­ter en A

Les hélices sont pla­cées en flèche.

Déga­ge­ment du champ

L’hélice 1 et une par­tie des hélices 6 et 2 se trou­vent­dans le champ de prise de vue, sym­bo­lisé par l’arc de cercle.

Redon­dance

Moyenne. Une panne sur un moteur est com­pen­sée par les hélices adja­centes, mais la répar­ti­tion non symé­trique de celles-ci peut poser des pro­blèmes si ce sont les hélices 5 ou 3 qui lâchent.

Sta­bi­lité

Moyenne. Les bras de leviers sont dif­fé­rents entre les hélices, ce qui implique des efforts dif­fé­rents. La sta­bi­lité en rou­lis est moins bonne qu’en tangage.


Okto­kop­ter en O

Les hélices se répar­tissent de manière cir­cu­laire autour du coeur.

Déga­ge­ment du champ

Mau­vais. Les deux hélices fron­tales sont dans le champ.

Redon­dance

Excel­lente. Les hélices en grand nombre se répar­tissent les efforts équi­ta­ble­ment. Les angles de 45° qui les séparent per­mettent aux hélices adja­centes de prendre en charge sans pro­blème le sur­poids en cas de panne d’un, ou même de deux moteurs si ceux-ci ne sont pas voisins.

Sta­bi­lité

Exc­cel­lente. La répar­ti­tion symé­trique et les angles de 45° seule­ment donne une très bonne sta­bi­lité dans tous les axes.


Okto­kop­ter en X

Les hélices sont pla­cées deux à deux sur quatre bras en forme de X.

Déga­ge­ment du champ

Moyenne. Les hélices avant sont au bord du champ de prise de vue.

Redon­dance

Moyenne. Les hélices en grand nombre se répar­tissent les efforts mais pas équi­ta­ble­ment. Un pro­blème sur les héli­ces­pé­ri­phé­rique est plus dif­fi­cile à corriger.

Sta­bi­lité

Très bonne, mais infé­rieure à une archi­tec­ture en O, du fait de l’angle de 90° entre les bras.


Okto­kop­ter en +

Les hélices sont pla­cées deux à deux sur quatre bras en forme de +.

Déga­ge­ment du champ

Mau­vaise. les deux hélices fron­tales 1 et 2 sont dans le champ de prise de vue.

Redon­dance

Moyenne. Les hélices en grand nombre se répar­tissent les efforts mais pas équi­ta­ble­ment. Un pro­blème sur les hélices 1 ou 2 peut s’avérer dif­fi­cile à corriger.

Sta­bi­lité

Très bonne, mais infé­rieure à une archi­tec­ture en O, du fait de l’angle de 90° entre les bras.


Okto­kop­ter en V

Les hélices sont pla­cés en ligne selon un angle ouvert sur l’avant.

Déga­ge­ment du champ

Excellent. Aucune hélice n’est dans le champ. On peut même ima­gi­ner d’adapter l’ouverture du champ à l’angle de prise de vue.

Redon­dance

Moyenne. Les hélices en grand nombre se répar­tissent les efforts mais pas équi­ta­ble­ment. Un pro­blème sur les hélices 1 ou 2 peut s’avérer dif­fi­cile à corriger.

Sta­bi­lité

Corecte. L’ouverture de l’angle donne une sta­bi­lité en rou­lis cor­recte, mais donne un rôle impor­tant aux hélices 1 et 2. L’alignement lon­gi­tu­di­nal des hélices donne une bonne sta­bi­lité en tan­gage. Il est pos­sible de char­ger l’avant du coeur, ce qui per­met de pla­cer l’appareil de prise de vue en posi­tion avant. Il n’est pas néces­saire de pla­cer celui-ci en posi­tion ven­trale, ce qui le pro­tège à l’atterrissage.


Okto­kop­ter en X coaxial

Les hélices sont pla­cées en croix, chaque bras sup­porte une hélice supé­rieure et ue hélice inférieure.

Déga­ge­ment du champ

Mau­vais. Les hélices avant, en par­ti­cu­lier 5 et 8 qui se trouvent sous les bras sont en plein dans le champ.

Redon­dance

Bonne. Les hélices sont répar­ties symé­tri­que­ment, mais n’ont pas le même ren­de­ment: les hélices infé­rieures ont un ren­de­ment d’environ 70% de leur homo­logue coaxiale, du fait des tur­bu­lences qu’elles subissent. En cas de panne d’un moteur, l’autre hélice retrouve son ren­de­ment, ce qui l’aide à sup­por­ter seule le poids sup­plé­men­taire. L’écart angu­laire de 90° n’est cepen­dant pas opti­mal, car les hélices voi­sines ne peuvent pas aider à la conser­va­tion de la stabilité.

Sta­bi­lité

Bonne. Chaque couple d’hélice doit être vu comme une seule hélice. La sta­bi­lité est simi­laire à celle d’un Qua­dri­kop­ter en X.


Il res­sort de tout cela que les archi­tec­tures ont toutes leur défaut.

Une archi­tec­ture plus ou moins cir­cu­laire est la plus opti­male pour la sta­bi­lité et la redon­dance, mais pose des pro­blèmes en termes de construc­tion: plus grand nombre de bras et encom­bre­ment impor­tant. En terme de déga­ge­ment du champ de prise de vue, ces archi­tec­tures ne sont pas opti­males et obligent plus ou moins à pla­cer l’appareil en posi­tion ven­trale, ou à uti­li­ser une focale rela­ti­ve­ment impor­tante pour réduire l’angle de champ.

Une archi­tec­ture en V ou en U est moins opti­male pour la sta­bi­lité et la redon­dance, mais per­met une très bonne vision vers l’avant. De plus, il est pos­sible de pla­cer l’appareil entre les bras avants, ce qui le pro­tège quelque peu lors des atte­ris­sahes et en cas de choc.

Acces­soi­re­ment, une archi­tec­ture non symé­trique offre une meilleure per­cep­tion de l’avant de l’appareil, ce qui faci­lite le pilotage.

Les seules archi­tec­tures à reje­ter sont les archi­tec­tures en flèche, qui n’offrent aucun avantage,ni en termes de prise de vue, ni en termes de redon­dance, ni en termes de sta­bi­lité. A réser­ver pour le fun.

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