Documentation

Le modèle de Reason, ou le principe du gruyère

Le prin­cipe de Rea­son est une ten­ta­tive d’explication et de pré­ven­tion des acci­dents, dont les causes sont rare­ment uniques. La plu­part des acci­dents sont la consé­quence d’une suc­ces­sion de faits et/ou de com­por­te­ments qui conduisent à l’accident. Si l’on retire un élément de la chaîne, on peut au pire ne pas chan­ger grand-chose, au mieux éviter l’accident.

Le « modèle de Rea­son » pro­posé par le Pro­fes­seur James Rea­son de la Man­ches­ter Uni­ver­sity, Royaume-Uni, aide à com­prendre pour­quoi les acci­dents sur­viennent et à mettre en relief la com­plexité des rela­tions de cause à effet. Ce modèle va au-delà des cir­cons­tances immé­diates de l’accident et exa­mine minu­tieu­se­ment les condi­tions préa­lables à l’événement. Cet outil peut être utile pour défi­nir qui doit prendre les mesures et les­quelles, afin d’éviter les acci­dents à l’avenir ou d’atténuer leurs effets.

Cette concep­tion, très inté­res­sante, per­met de sor­tir du seul champ de l’erreur humaine en élar­gis­sant les causes à des fac­teurs liés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment aux cau­sa­li­tés de l’accident.

Le modèle créé par Rea­son est égale­ment appelé « swiss cheese model ». Les défenses, les bar­rières et les sécu­ri­tés peuvent être com­pa­rées à des « tranches » de gruyère avec des « trous » qui sym­bo­lisent les failles dans chaque niveau de défense :

  • défenses tech­no­lo­giques,
  • sécu­ri­tés liées aux acteurs eux-mêmes,
  • bar­rières cor­res­pon­dant aux procédures
  • contrôles admi­nis­tra­tifs
  • Etc…

Pour ima­ger notre pro­pos, pre­nons un modèle fic­tif: le pre­mier niveau (défenses) repré­sente les défenses qui devraient atté­nuer les consé­quences d’un acte dan­ge­reux. Le deuxième niveau (actes dan­ge­reux) et le troi­sième (condi­tions préa­lables) com­prennent des condi­tions telles que la fatigue, le stress, les méthodes d’exploitation, etc. Le qua­trième niveau (direc­tion) com­prend des aspects comme la for­ma­tion, l’entretien, etc. Le cin­quième repré­sente tous les organes direc­teurs de haut niveau tels que les res­pon­sables des régle­men­ta­tions, les construc­teurs, les concep­teurs, les syn­di­cats, etc. Le Dr Rea­son sug­gère que ces res­pon­sables prennent fré­quem­ment des déci­sions «faillibles» entraî­nant des défauts latents, sans effet jusqu’à ce que quelqu’un com­mette un acte dan­ge­reux et déclenche ainsi un pro­ces­sus d’accident poten­tiel. Si les défenses du sys­tème fonc­tionnent comme prévu, les consé­quences de cet acte sont per­çues et les effets sont limi­tés. Dans le cas contraire, l’accident peut s’avérer tra­gique. Le modèle montre com­bien il est impor­tant de réduire ou d’éliminer les carences en matière de sécu­rité, ce qui peut être repré­senté par une réduc­tion du nombre ou de la taille des trous, limi­tant la pro­ba­bi­lité d’accident.

Pour qu’un acci­dent ait lieu, il faut que des fai­blesses (« trous ») dans les défenses et les bar­rières de sécu­rité soient en pers­pec­tive à chaque niveau de sécu­rité. C’est ce qui explique que le plus sou­vent, plu­sieurs inci­dents en chaîne sont néces­saires pour pro­vo­quer un crash aérien. Pour éviter un acci­dent, il suf­fit qu’une seule des « fai­blesses » située sur l’un de ces niveaux de sécu­rité soit supprimée.

Le modèle de Rea­son est par­ti­cu­liè­re­ment utile pour illus­trer com­ment un acci­dent peut avoir plu­sieurs causes.


Pour James Rea­son, l’idée cen­trale est donc de foca­li­ser sur les bar­rières et de sur­veiller proac­ti­ve­ment leur état, afin d’assurer la traque des erreurs latentes dans le système.

L’approche de James Rea­son est donc très utile a pos­te­riori pour ten­ter de dépas­ser le cadre de l’erreur humaine, et per­mettre de repré­sen­ter des tra­jec­toires acci­den­telles qui trouvent leur ori­gine dans des « fac­teurs organisationnels ».

Il s’agit d’agir sur les sys­tèmes de défense et d’alerte et les condi­tions d’exercice pro­fes­sion­nel : « Si un acci­dent se pro­duit, l’important n’est pas de savoir qui a fait une faute, mais d’identifier pour­quoi et com­ment le sys­tème de sécu­rité a failli ».

Lire l’article com­plet dont celui-ci n’est qu’un extrait.

Pas de commentaire possible