Pourquoi emmener un hélicoptère, et non un ballon ou un cerf-volant?
Le ballon a été vite abandonné. En effet, il impose d’emmener une bonbonne d’hélium, encombrante et dangereuse à transporter, surtout en tout –terrain. De plus, son volume, même dégonflé, était trop important. Le vent omniprésent dans le désert a été la dernière raison de ne pas choisir ce genre de vecteur.
Le vent justement… Il est toujours présent, et souffle à environ force 4. Le cerf-volant, surtout sous forme de mini parapente, et donc sans armature, est très facile à transporter. Avec un cerf-volant de taille moyenne, on peut emmener une lourde charge, et même (cas des cerfs-volants de sport), sont même capables d’emporter leur “pilote” en cas de fase manoeuvre, les obligeant parfois à s’arrimer au sol.
Le problème est ailleurs. Tout d’abord, ce vent est très turbulent près du sol; Au moment où on lâche l’aile, celle-ci peut se rabattre violemment au sol et briser le matériel photo installé sous son ventre. A moins d’imaginer un système compliqué de chariot ascendant, qui rejoigne le sommet du câble de retenue une fois le cerf-volant établi en l’air.
En admettant que tout se soit bien passé, la présence du câble doit être prise en compte dans toutes les prises de vues. Il n’est pas évident que celle-ci soit bien orienté par rapport à la scène que l’on veut photographier. De toute façon, il faut être deux, un pour faire les images et l’autre pour piloter le cerf-volant.
Donc exit ces fausses bonnes idées. J’ai recherché un système autonome et mobile, peut encombrant et pouvant voler dans presque toutes les circonstances avec une fiabilité adaptée au prix du matériel transporté.
J’ai d’abord pensé à l’hélicoptère classique, sous une forme modifiée pour embarquer une tourelle de prise de vue, mais c’est un engin difficile à maîtriser. Je ne suis pas modéliste, je suis photographe, les compétencecs de pilotage requises étaient trop élevées.
Et puis je suis tombé voici deux ans sur le projet UAVP. L’idée présentée m’a séduit, puisque qu’il s’agissait ni plus ni moins que de répondre à une partie de mes besoins en proposant une plateforme auto stable pour la prise de vue aérienne. Bingo!
Le projet UAVP semble cependant un peu difficile à mener, le côté open source, et donc un peu bricolo n’est pas adapté à un débutant complet. Une plateforme commerciale (bien qu’en partie au moins open source) similaire m’a semblé plus dynamique: le Mikrokopter. Lui aussi issu de l’imagination de nos voisins allemands, cectte plateforme, au départ plutôt ludique, a vite été détournée de son usage initial pour rejoindre les objectifs de l’UAVP, au point que son concepteur a développé certaines solutions spécialement pour la photo et la vidéo (une nacelle compensée en tangage, notamment).
La cerise sur le gâteau, et ce qui a finalement été le déclencheur est la sortie récente de plateformes à 6 et 8 hélices (voire 12), permettant une redondance de bon aloi au regard des contraintes très dures que je vais imposer à mes moteurs. En clair, même avec 1 ou 2 hélices arrêtées, l’engin vole encore et permet un atterrissage d’urgence dans de bonnes conditions.
Accessoirement, la charge utile croît avec le nombre d’hélices, et permet d’emporter du matériel lourd, environ 2 kg.
C’est donc décidé, mon Mikrokopter sera un oktokopter!
